Les énerveurs de jeunes
je suis pas jeune, mais ils m'ont énervé aussi
n dirait bien qu’ils veulent énerver la jeunesse, la provoquer, la pousser à sortir de ses gonds pour mieux la réprimer ensuite. Ils feraient mieux de se montrer humbles et conciliants, de cesser cette condescendance. Mais qui conseille le gouvernement surtout à la veille de la manifestation du 17 octobre ?
Patriarcat finissant
À la télévision, on nous a montré autour du premier ministre une réunion je le suppose de crise autour du premier ministre.
Je n’ai pas vu de femme.
Ces types me faisaient penser au pire des pères de famille des années cinquante. Conclave de ringards imbus d’eux-mêmes. Ces pathétiques personnages qui pensent avoir des droits sur la jeunesse du fait de leur âge ou de leur fonction, oubliant tous leurs devoirs.
Le préfet de Paris a dit que les jeunes auront le droit de manifester là où Papa dirait. Le plus loin possible du centre, ne pas gêner les institutions et les parisiens qui font les courses. Et ne pas dire de gros mots non plus.
Le ministre de l’Intérieur a dit que pour fêter ça on pourra ressortir les grenades.
Jeunesse à vif
A contrario des présentations qu’on nous en fait souvent, les jeunes se montrent loin d’avoir le cerveau rongé par les réseaux sociaux. Ils s’expriment avec clarté, affûtent leur discours, ne s’en laissent pas compter.
Ils s’expriment très bien seuls et déjà se dessine derrière leurs premières revendications de beaux espoirs.
Rien à voir avec l’ambiance confinée de l’extrême droite.
Mais ils en ont marre, ils sont lucides et résolus.
On peut être fiers d’eux mais il faudra les soutenir, être présents, les aimer sans sombrer dans les attitudes paternantes ou maternantes assez ridicules que je vois parfois. Ce ne sont pas de pauvres chéris. Ce sont des personnes qui apprennent vite. Il faut les laisser chercher et grandir et tant mieux si elles et ils ne nous ressemblent pas.
Les lycéens ne produisent pas de la violence urbaine
Des discours assez minables décrivent les jeunes lycéens en lutte comme des délinquants en puissance. On se gargarise de mots pour conspuer les casseurs ou les black blocs. Les amalgames viennent vite. Si la violence est à réprouver, elle est le fait d’une minorité.
En réalité, la police saurait très bien les isoler et s’en charger. On se souvient du temps de Pasqua qu’on soupçonnait de favoriser l’arrivée de bandes dans les manifs pour les rendre ingérables.
Les lycéens, je les trouve inventifs, créatifs et responsables. J’en veux pour preuve celles et ceux qui sont sortis de leurs établissements favorisés se souvenant merveilleusement du mot de « fraternité ».
Je serai dans la rue demain.
Mais surtout, que les énerveurs de la jeunesse, ou ces esprits étriqués qui la conspuent notamment à droite ou à l’extrême droite, n’oublient jamais que nous les regardons, que nous nous souviendrons notamment au moment de voter.
Bon sang de bois, ils m’ont énervé aussi !
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