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La manif à Villefranche de R.

pacifique et chaleureuse manif du 17 octobre à Villefranche de Rouergue

VincentBreton.fr
Oct 17, 20263 min read

14 heures, il n’y avait pas tant de monde que ça. J’avais peur. Mais en une demi-heure le lieu de rendez-vous de la sous-préfecture de l’Aveyron qu’est la petite ville de Villefranche de Rouergue s’est bien rempli de jeunes et de vieux. La manifestation fut résolue avec en toile de fond le refus réaffirmé de l’extrême droite.

17 octobre 1961

Loin de Paris, les manifestants ont voulu se souvenir de la triste commémoration de l’assassinat de dizaines d’algériens dans la capitale un 17 octobre 1961. Cela faisait fort longtemps que je n’avais entendu évoquer cette période lors d’un rassemblement.

Toutes choses comparables par ailleurs, cette évocation faisait écho aux problématiques actuelles du maintien de l’ordre, au racisme qui à l’époque s’exprimait librement et aux menaces portées par l’extrême droite.

Une manif autogérée et des gilets jeunes

Pas vraiment de gilets jaunes dans cette histoire, même s’ils ont appelé au rassemblement. Pas de « leader » ni d’organisation très structurée, quelques prises de paroles brèves avant de manifester dans la ville.

Quelques pancartes, dont une série imprimée par des lycéens et partagée : « gilets jeunes ».

Et des jeunes, des vieux, des familles, des syndicalistes. Joli mélange qui rassure sur le fait que toutes les classes populaires ne sont donc pas passées à l’extrême droite. Le RN fut largement conspué, tout comme le gouvernement ou le président de la République.

Des revendications ? Oui. Mais derrière une envie profonde d’être pris en considération, un besoin de respect et de démocratie. Le sentiment d’abandon que l’on ressent dans une petite ville de l’Aveyron où il est difficile de se soigner, de trouver un emploi rémunérateur…

Une manifestation visiblement non déclarée officiellement mais encadrée tranquillement par quelques gendarmes à pied, en moto ou en voiture et la police municipale. Le seul point qui fut interdit comme à Paris, c’était le « lieu de pouvoir » que constitue ici la sous-préfecture. Ça protesta un peu, mais ici on est bon enfant. Klaxons d’encouragement des voitures bloquées, reprise par un groupe du prénom d’un des jeunes gendarmes dont le prénom fut scandé « X…. avec nous ! »

Ça finit sous la collégiale

Les panneaux finirent aux pieds de la croix. Après tout, on peut faire l’hypothèse que le Christ n’aurait pas été du côté des nantis. Plus que les slogans, plus que la colère j’ai perçu un mélange d’inquiétude bien sûr mais aussi d’espoir nourri par le mouvement lycéen, une véritable chaleur humaine dans cette manifestation, presque une forme de tendresse, en tout cas de respect et de chaleur entre générations. Une volonté claire aussi de ne pas se laisser faire cette fois-ci, de s’exprimer sans laisser les candidats gérer seuls les revendications lors des élections à venir. Mouvement original qui ne veut pas s’en remettre au seul bulletin de vote, mais agir avant.

Et sur la place de la bastide, le regroupement de s’achever en bavardages et chansons, un petite envie de faire la fête ?

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