La presse régionale est décevante
je me suis abonné, je n'y trouve pas mon compte
ans l’espoir de m’informer de la vie locale, je me suis abonné (et c’est cher) à la version numérique du quotidien régional. Force est de constater la déception après plusieurs mois de lecture.
Un problème de ligne éditoriale
Je ne nie pas la crise immense qui affecte la Presse dans son ensemble. Je sais l’importance de La Dépêche dans une région qui fut longtemps une terre radicale avec par exemple Robert Fabre maire de Villefranche de Rouergue et président des radicaux de gauche.
Le département de l’Aveyron où je vis, reste isolé ou protégé selon les points de vue, emblématique de cette France où il est difficile de se déplacer ou se soigner mais où il fait bon vivre. C’est un département qui connut la surpopulation à la fin XIXe siècle mais aujourd’hui est à faible densité.
La bonne circulation de l’information y est donc vitale.
L’ennui c’est que le journal semble être resté sur un vieux modèle dominé par le papier. Peut-être la majorité des lecteurs habituels le reçoivent-ils encore à la maison pour le lien avec le facteur ou le lisent au café.
À mes yeux une place trop grande est faite à l’actualité nationale. Ce qui est dit là n’apporte rien. On l’a déjà lu dans la Presse nationale et surtout entendu à la télévision ou à la radio.
Le journal s’appuie semble-t-il sur un réseau de correspondants. Toutes et tous ne sont probablement pas des professionnels et c’est pour eux une fonction accessoire j’imagine pour la majorité d’entre eux.
Le problème est qu’on en reste à une logique de compte-rendus assez fades qu’il s’agisse des petites événements comme des moments culturels. Ça reste scolaire, gentil, et il n’y a pas véritablement d’investigation. C’est vrai que certaines questions pourraient être délicates dans un contexte où tout le monde se connaît. Alors, une petite équipe de professionnels pourrait mailler le territoire et se charger d’enquêter, d’aller à la rencontre de la population, ce qui ferait en plus du lien social.
Il manque un journalisme d’investigation, même si ponctuellement on peut avoir le compte rendu par exemple de conflits au sein de tel ou tel conseil municipal, il manque un journalisme d’information permettant de présenter de façon structurée les événements qui vont avoir lieu.
Le numérique est problématique
Une version .pdf de l’édition papier est proposée. Peu pratique surtout sur tablette ou smartphone. La version proprement numérique, si elle est organisée ne permet pas par exemple de suivre l’actualité autour de mots clés qui mettraient en avant tel ou tel sujet dans une perspective de veille. Donc la navigation reste fastidieuse.
La modération des commentaires
Plus ennuyeuse encore est la modération des commentaires. J’y retrouve les mêmes que je lisais autrefois sur Facebook, c’est à dire une sur-représentation de l’extrême droite qui tient parfois des propos racistes, outrageants et diffamatoires. Il faut signaler pour qu’après un temps ces propos soient retirés. On ne peut corriger ses propres commentaires ce qui est un souci si on veut reprendre ne serait-ce qu’une erreur d’orthographe.
Il existe un médiateur. Mais il ne répond pas aux messages.
Une Presse qui n’a pas fait sa mue
Prise entre la tradition et les évolutions liées au numérique, la Presse régionale n’a pas fait sa mue. C’est ennuyeux parce que mes attentes ne sont pas répondues.
Pour le côté culturel, je suis un certain nombre de sites et ressources locales soit par le flux RSS de leurs sites, soit en m’abonnant aux lettres de diffusion. Il faut faire la manœuvre à chaque fois pour inscrire les sites, c’est un peu pénible. On manque des choses.
Voir la page ressources culturelles avec un fichier à télécharger en bas de page pour celles et ceux qui voudraient le flux de mon secteur Aveyron/Lot.
Il est plus difficile encore de trouver l’information militante (les sites des syndicats semblent avoir été faits il y a 15 ans et pas mis à jour, ceux des associations idem). Les mairies elles-mêmes n’ont souvent pas de site. Tout ce petit monde publie sur Facebook et là c’est vraiment un problème. Il faudrait presque inventer et motiver les personnes à alimenter une sorte de réseau social local, combat difficile à envisager !
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