Double manif du 24 octobre 2026
il y a bien longtemps que je n'avais pas manifesté deux fois dans la même journée !
uisque j’habite à équidistance des deux sous-préfectures, puisqu’il y avait une manif à Figeac le matin et une à Villefranche de Rouergue l’après-midi, j’ai suivi les deux. Deux salles, deux ambiances proches. Si l’on pense déjà au 31 octobre, le 5 novembre est dans les têtes.
L’ombre de l’attaque raciste de Trappes
Après « le chaos » du 17 octobre 26 montré à la télévision, alors qu’ici tout était calme, dans les deux lieux on a évoqué l’horreur de l’attaque raciste de Trappes.
Ici les gens sont clairs et parfois désabusés. « J’ai des gens dans ma famille qui votent RN » me dit affligée une retraitée. Plusieurs ont évoqué les commentaires odieux qu’ils peuvent lire sur les réseaux sociaux. Personne pour les modérer. Un représentant de la CGT à Villefranche de Rouergue a insisté sur ce lourd climat qui pèse au sein même de la population.
Deux sous-préfectures, deux approches différentes
À Figeac, il a été nécessaire que la CGT dépose une déclaration de manifestation pour que celle-ci soit autorisée. En l’occurrence, malgré les paroles du président de la République, il n’est pas nécessaire d’être un syndicat ou une organisation représentative pour avoir le droit de manifester.
Si dans le Lot, il était autorisé d’aller dans le centre ville et même aux abords du marché du samedi, à Villefranche de Rouergue, interdit d’aller jusqu’à la Collégiale comme la dernière fois.
La préfète aura eu peur. Pourtant elle a fait passer le cortège devant l’Hôtel de Ville, divers commerces et hôtels. Décision prise pour plaire probablement au gouvernement mais que rien ne légitimait spécialement. Ici pas une poubelle renversée, des gens résolus mais très calmes.
Sauf que cette décision a engendré une frustration. À deux reprises la manifestation a manqué de se scinder, certains voulaient passer par le centre ville. À Villefranche de Rouergue, la place de la collégiale, c’est le lieu de rendez-vous habituel, c’est patrimonial. Ne pas comprendre ça c’est ne pas percevoir l’attachement des gens à la ville.
Mobilisés
Plus de monde à Figeac qu’à Villefranche de Rouergue mais moins de monde que la semaine dernière. Moins de lycéens surtout. Entre le froid qui est tombé, les interventions gouvernementales, celles du président, l’attaque terroriste, il fallait avoir le moral pour venir mais il y a ce besoin de résister.
À Villefranche de Rouergue surtout, même si on ne se connaît pas, le moment fait qu’on se parle facilement, on a besoin de se souder, de s’écouter, de partager, de marquer la solidarité et la résolution.
Je ne sais pas ailleurs, je ressens dans ces manifestations une gravité particulière. Ce n’est pas juste la volonté d’éviter le pire avec l’arrivée de l’extrême droite mais clairement l’envie de changer de paradigme. Frappant aussi de voir la force du lien intergénérationnel. Les vieux font confiance aux jeunes, lesquels reçoivent avec fierté les témoignages de soutien.
Deux garçons à la fenêtre contemplaient le cortège de haut à Villefranche de Rouergue. Des manifestants les ont appelés à nous rejoindre. En deux minutes, ils sont descendus avec leur chien dans les encouragements joyeux et sous les acclamations chaleureuses. Ils n’ont plus lâché la manifestation, jusqu’au bout.
Tout n’est pas fichu.
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