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Demain, j’ai manif !

Mais oui, je serai à la manif demain ! et vous ?

VincentBreton.fr
Nov 4, 20263 min read

ar chance la météo annonce une remontée des températures. Demain, j’ai manif. Et il faut dire que l’attitude de l’équipe gouvernementale engage plutôt à sortir que rester chez soi.

Quelque chose de sidérant

C’est étonnant d’observer ce pouvoir à ce point enferré dans sa vieille approche patriarcale mêlant condescendance et mépris. La plupart de ces personnages sont plus jeunes que moi, ils ressemblent tellement à cette classe politique de la fin des années soixante, la culture en moins peut-être. J’ai l’impression en les regardant de voir un vieux film en noir et blanc.

Je comprends qu’ils énervent les lycéens. Je retrouve mon âme de lycéen en les écoutant.

Sincèrement, quand je parle de patriarcat, c’est qu’ils en incarnent si bien l’attitude, le conservatisme, la mauvaise foi. C’est leur domination qui est oppressante, pas seulement leur impéritie.

Cela ne veut pas dire que je n’aurais pas de nombreux reproches à faire à la gauche. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas voté par adhésion ou conviction.

Choisir un lieu

J’hésite encore un peu sur le lieu. La préfecture du département, Rodez, est à 1h15 de route. La manif la plus proche, dans ma chère sous-préfecture du département voisin, à Figeac est à 20 km.

Il faut aller, il faut revenir. Je ne me plains pas du tout de ma situation, mais à la campagne, il faut faire des efforts pour manifester et il n’est pas toujours simple de covoiturer.

Quand on manifeste ici, on sent l’écart entre Paris et le désert, entre les grandes villes même et les campagnes où pourtant la crise est dure pour nombre de ses habitants.

Le double message, le triple…

Dans cette période étrange, il me semble qu’un double message s’exprime avec ces manifestations. Peut-être même un triple message.

Il y a les revendications formulées auprès d’un gouvernement qui refuse de les prendre en compte. Il y a le message aussi en direction de l’extrême droite qui est comme un avertissement et une volonté de résistance. Et puis peut-être même si cela n’est pas toujours formulé explicitement, cette quête de sens, notamment de la jeunesse, mais pas seulement.

Se sacrifier pour préserver les favorisés n’est pas acceptable. Plus loin encore, se dessine l’idée que nous pourrions réinventer une façon de vivre ensemble renouant avec la solidarité.

Regarder ailleurs

Nous ne le faisons pas assez. Il faut regarder ailleurs, en Europe et au delà. Il se passe des choses. La jeunesse qui s’agite un peu partout mais aussi par exemple les ouvriers du textile au Bangladesh.

Il serait bon de renouer avec une vision qui dépasse les frontières surtout dans un monde à ce point interrelié sur tous les grands sujets. Plus ça va, plus je me sens citoyen du monde.

Besoin de solidarité, besoin de liberté, cela rassure de voir qu’au delà de la protestation, des groupes sont capables de s’organiser, d’imaginer une autre façon de produire, partager les ressources et s’entraider.

Sans violence, mais en s’affirmant avec résolution, il y a un moment où nous avons le droit de dire « stop ! »

Il faut en quelque sorte réveiller les vieux qui nous gouvernent, leur enlever leurs œillères. C’est vrai, tout le monde a besoin de mettre ses logiciels à jour, de changer de paradigme. Cela commence aussi par ne pas avoir peur d’affirmer ses valeurs.

Donc demain après-midi, je manifeste ! Et vous ?

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