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Le Flâneur, et Autres Mots Intraduisible

Cet article de blogue est écrit en français. This blog post is written in French. Sur les mots et expressions français qui n'ont pas de traduction directe vers l'anglais, comme déjà vu, jamais vu, presque vu, dépaysement, retrouvailles, l'esprit de l'escalier, terroir, jolie-laide, sortable et flâneur; la notion de lacune lexicale; et l'importance culturelle et historique du flâneur, de Baudelaire à aujourd'hui.

B♾️

ne "listicle" populaire qu'on retrouve pas mal partout sur Internet, c'est les mots et expressions d'autres langues qui n'ont pas de traduction directe vers l'anglais. Le site ["Eunoia"](https:www.eunoia.world/), par exemple, fait un bon travail pour cataloguer ça.

Alors que la majorité du monde [parle plus qu'une langue](https:www.iheardee.com/posts/bilingualism), 78 à 80 % des [États-Unis parlent seulement l'anglais](https:www.amacad.org/news/remaining-monolingual-surefire-way-america-fall-behind). Résultat: les langues autres que l'anglais sont traitées comme lointaines et inconnaissables, comme si elles portaient des propriétés mystiques et insaisissables—comme des mots qui, tout simplement, n'auraient pas d'équivalent en anglais.

C'est, évidemment, une façon de comprendre le langage qui est fausse et problématique. Les anglophones unilingues ne s'en rendent probablement pas compte, mais cette attitude-là contribue à l'exclusion et augmente les barrières pour celleux qui ne parlent pas anglais comme langue maternelle.

L'intraduisibilité, en linguistique, ça s'appelle une lacune—ou, en anglais, un "lexical gap". C'est un sujet profond qui dépasse largement le cadre de cet essai, mais en gros: le [sens peut à peu près toujours être traduit](https:en.wikipedia.org/wiki/Untranslatability), même si c'est pas toujours avec une précision technique parfaite.

Ceci étant dit, j'pense que ce serait un exercice le fun et inoffensif d'écrire sur plusieurs termes français précis que j'ai croisés, qui n'ont pas de traduction 1:1 vers l'anglais, mais qui peuvent quand même être bien compris avec une couple de phrases un peu maladroites.

Y'a déjà certaines expressions qui sont pas traduites en anglais par défaut, comme **déjà vu**, qui veut littéralement dire "already seen". Pis sa p'tite cousine moins connue, **jamais vu** ("never seen"), qui est l'opposé du déjà vu: un endroit, une personne ou un mot familier qui devient soudainement complètement étranger, bizarre, entièrement nouveau. Ou encore, **presque vu** ("nearly seen"), cette sensation intense et frustrante d'être à deux doigts d'une épiphanie, d'un souvenir, ou d'un mot qui nous échappe. En anglais, on appelle ça being on the tip-of-the-tongue.

Mais y'a d'autres mots français qui n'ont pas de traduction directe. **Dépaysement**, c'est la désorientation (pas nécessairement négative) de se retrouver quelque part d'inconnu, en dehors de son pays ou de son contexte habituel. "Homesickness" s'en approche, mais c'est pas ça pantoute—c'est plus le sentiment lui-même de ne pas être chez soi, ce qui peut être aussi déstabilisant qu'exaltant.

**Retrouvailles**, c'est la joie de retrouver quelqu'un après une longue séparation. "Reunion" nomme l'événement, mais ça, ça nomme le sentiment.

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