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Niger : cinq années supplémentaires pour la mine d'or de Samira-Libiri, au cœur de la stratégie de souveraineté minière

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Jul 17, 20264 min read
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e gouvernement nigérien a accordé un deuxième renouvellement, pour une durée de cinq ans, du permis d'exploitation de la mine d'or de Samira-Libiri, dans la région de Tillabéri (ouest). La décision, intervenue près d'un an après la nationalisation de la société, s'inscrit dans la politique de souveraineté sur les ressources naturelles engagée par le régime du général Abdourahamane Tiani.

Adopté en Conseil des ministres le 16 juillet, le projet de décret prolonge le permis détenu par la Société des Mines du Liptako (SML), exploitante de la principale mine d'or industrielle du Niger. Le permis, octroyé en 2002 puis renouvelé une première fois en 2019, arrivait à échéance.

Selon le gouvernement, la SML prévoit de produire près de 83.900 onces d'or au cours des cinq prochaines années, pour un chiffre d'affaires estimé à 96 milliards de francs CFA. Le projet doit également permettre de maintenir 400 emplois directs et générer des recettes fiscales, tout en favorisant les entreprises nationales dans le cadre du dispositif de contenu local applicable au secteur minier.

Une mine "stratégique" reprise par l'État

Le renouvellement intervient moins d'un an après la nationalisation de la Société des Mines du Liptako. En août 2025, les autorités avaient repris le contrôle de l'entreprise, jusque-là détenue à 80 % par le groupe australien McKinel Resources Limited, qui avait racheté cette participation en 2019 auprès de la Société du patrimoine des mines du Niger (Sopamin).

Ahmadou Atafa on Twitter / X

1/3 Le Niger nationalise la Société des Mines du Liptako (SML SA), exploitant les mines d’or de Samira, Libiri et Boulondjounga (Tillabéri). L’ordonnance du 8 août signée du gal Tiani pointe de graves manquements du groupe McKinel Resources avec 1 situation économique alarmante. pic.twitter.com/3T46OaU3jt— Ahmadou Atafa (@AhmadouAtafa) August 9, 2025

Niamey avait justifié cette reprise en main en invoquant plusieurs manquements imputés au groupe australien : absence du plan d'investissement de 10 millions de dollars promis lors de la cession, arriérés fiscaux et salariaux, licenciements massifs, fonctionnement partiel de la mine et de l'usine, et endettement important. Le gouvernement avait présenté la décision comme une mesure destinée à préserver une entreprise jugée stratégique et à renforcer la maîtrise nationale des ressources minières.

McKinel Resources a contesté la mesure. Le groupe s'est dit « très surpris et déçu » de la nationalisation, affirmant avoir investi plus de 40 millions de dollars depuis 2019 et rejetant les accusations nigériennes de non-respect de ses engagements. Aucune procédure judiciaire ou arbitrale n'avait été annoncée publiquement à la mi-juillet 2026.

Une nouvelle politique pour les industries extractives

Au-delà du cas de Samira-Libiri, cette décision reflète la réorientation engagée par les autorités dans le secteur extractif depuis le coup d'État militaire de juillet 2023. Elles ont, en effet, entrepris plusieurs réformes visant à accroître les retombées économiques des ressources naturelles, notamment par le renforcement de la participation de l'État, la promotion du contenu local et une implication plus importante des entreprises nigériennes dans les chaînes de valeur minières et pétrolières.

En 2024, une ordonnance sur le contenu local a ainsi introduit de nouvelles obligations en matière de recours aux fournisseurs nationaux, d'emploi de travailleurs nigériens et de transfert de compétences. Son application a déjà conduit les autorités à durcir leurs exigences envers plusieurs opérateurs du secteur.

Signe de la montée en puissance de cette politique, le même Conseil des ministres du 16 juillet 2026 a adopté un projet d'ordonnance distinguant désormais le contenu local des hydrocarbures de celui des mines, afin d'introduire une classification des activités pétrolières et gazières destinée à soutenir les entreprises locales le long de la chaîne de valeur, assortie d'indicateurs de suivi de sa mise en œuvre.

Le renouvellement du permis de Samira-Libiri intervient également après la reprise par l'État, en 2025, du contrôle de plusieurs entreprises jugées stratégiques, dont la société d'uranium SOMAÏR, filiale uranifère jusque-là majoritairement détenue par le groupe français Orano, et la compagnie nationale d'électricité NIGELEC, dans le cadre d'une politique affichée de renforcement de la souveraineté économique du pays.

Un contexte de marché favorable et des défis

Cette relance intervient alors que les cours de l'or restent proches de leurs plus hauts historiques. Le métal s'échangeait autour de 4 000 dollars l'once à la mi-juillet 2026, en repli sur un mois mais toujours en nette hausse sur un an. Pour un État qui ambitionne de faire de l'or un levier de recettes publiques, la conjoncture reste, malgré les récentes corrections, structurellement porteuse.

L'enjeu, désormais, sera la capacité de l'État - via la Sopamin et la SML recapitalisée - à atteindre les objectifs de production annoncés, dans une région de Tillabéri toujours confrontée à l'insécurité liée aux groupes armés. Au-delà de la reprise en main des actifs stratégiques, les autorités devront démontrer que cette politique peut s'accompagner d'un environnement suffisamment prévisible pour maintenir l'attractivité du secteur minier.

#AgAtafa

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