Onimusha Way of the Sword ne reste pas au fourreau
La série Onimusha a fait les beaux jours de Capcom et de la PS2 au début des années 2000. Initialement un peu pitchée comme “Resident Evil, mais chez les samouraïs” la série nous a offert une virée dans le Japon médiéval où les Oni et les Genma se vouent un combat sans merci avec les...
a série Onimusha a fait les beaux jours de Capcom et de la PS2 au début des années 2000. Initialement un peu pitchée comme “Resident Evil, mais chez les samouraïs” la série nous a offert une virée dans le Japon médiéval où les Oni et les Genma se vouent un combat sans merci avec les p’tits humains au milieu. Mais depuis Onimusha Dawn of Dreams en 2006, la franchise était en sommeil, et v’là t’y pas que 20 ans plus tard, Capcom, décidément en forme, nous sort un nouvel opus ?!
Le voilà notre beau samouraï en technicolorBon alors va falloir refaire un peu d’histoire, mais rassurez-vous, pas besoin d’avoir fait les autres Onimusha pour attaquer celui-ci, c’est quasiment un reboot, mais pour autant les bases sont un peu les mêmes, donc si vous connaissez déjà, vous allez retrouver des éléments communs. Dans les jeux initiaux, Nobunaga Oda avait été tué puis ressuscité et pris la tête d’une armée de démons (les Genma) pour unifier le Japon, mais avait été stoppé par Samanosuke Akechi dans le premier jeu, Jubei Yagyu dans le second et à nouveau Samanosuke dans le troisième, même si c’était surtout Jacques Blanc, un flic français de 2004 qui avait fait le gros du boulot par le truchement d’un portail spatiotemporel. Chacun de ces trois personnages était basé sur un acteur connu : Takeshi Kaneshiro pour Samanosuke, Yusaku Matsuda pour Jubei et Jean Reno (oui, oui) pour Jacques. Bref, nos joyeux compères avaient bénéficié du pouvoir des Oni pour terrasser les Genma, grâce à un bracelet leur permettant de récolter les âmes de leurs ennemis afin de les utiliser comme monnaie pour devenir plus costaud, obtenir des objets, etc. Chaque jeu proposait des niveaux très détaillés remplis d’ennemis à affronter et de boss coriaces, ainsi que quelques énigmes pas forcément folichonnes, mais bon, comme disait grand-père Simpson, c’était la mode à l’époque.
Des fleurs de mauvais augure Chez les Oni, c’est plus joli L’arc est pratique pour les petits ennemisKatana que l’amour
Bref, on prend tout cet historique, et on le modernise un peu. On oublie le XVIᵉ siècle, trop ancien, non, nous voici au XVIIᵉ siècle, dans les sandales de Miyamoto Musashi, l’épéiste vagabond, qui va se retrouver malencontreusement obligé de rentrer dans la bataille entre les Oni et les Genma par un affreux concours de circonstances, lui ayant offert un joli bracelet Oni et une mission : empêcher Kyoto de se faire détruire par un grand méchant qui veut faire venir l’enfer sur terre, et qui lance une armée de monstres sur la ville appuyée par des fissures démoniaques d’où se déverse un miasme maléfique et transformant les endroits touchés en accident de mousse de polyuréthane extensible option train fantôme. Il va donc falloir se balader de lieux en lieux (à Kyoto ou ses environs) afin de diminuer l’influence démoniaque, combattre les Genma et en même temps lever le voile sur le bracelet, Shizuka (la Oni qui y vit) et son lien avec les grands méchants de l’histoire, le tout sur fond de folklore japonais et de figures historiques. Et là, si vous connaissez les anciens Onimusha, vous devriez retrouver vos acquis.
Côté gameplay, là où dans les premiers jeux on se retrouvait à utiliser des armes plus ou moins exotiques, ici, c’est le sabre qui prime. Le katana est évidemment l’arme unique de Musashi, le jeu s’appelant Way of The Sword, et pas Way of the Arsenal de compétition. On va donc devoir l’utiliser dans des combats très rythmés où le timing a bien plus d’importance que la force brute et où la roulade défensive n’est pas forcément la meilleure option pour se tirer indemne des combats. En un mot, il faut être offensif, mais pas n’importe comment. Les parades critiques sont une partie non négligeable des affrontements, mais en plus de cela on peut effectuer un coup critique (un issen) en frappant juste au moment où une attaque ennemie va nous toucher, permettant d’éliminer en un coup quasiment tous les adversaires, et en plus, ça fonctionne sur les boss ! Mais ce coup est extrêmement risqué et l’échec est sévèrement puni. Ensuite chaque ennemi a deux barres d’énergie, sa vie et son endurance, et il va donc falloir enchaîner le plus rapidement possible les attaques pour faire tomber l’endurance afin de placer une attaque dévastatrice sur la vie. Offensif, quoi, mais avec discernement.
Les Oni veulent pas ranger leur miasme après manger, faut nettoyer, enfin ! Encore une fissure à refermer…La voie du sobre
Et je peux vous dire que ce système de combat est jouissif, car il permet de faire des combats superbement chorégraphiés, et habilement mis en scène (surtout les combats contre les boss et midboss). Alors, notre Miyamoto Musashi est une chips, hein, il est croquant-craquant et meurt en trois coups, donc le jeu n’est pas facile mais il compense par ce système ultraprécis et où les erreurs sont 90% dues au joueur. Je ne suis pas une foudre de guerre dans les jeux de ce type, mais bien que j’ai eu l’impression de me faire rouler dessus initialement par la plupart des boss, une fois les timings analysés et compris, on gagne du terrain à chaque essai, jusqu’à la victoire méritée et haletante. C’est une satisfaction rare, mais que les joueurs des Souls côtoient régulièrement. On a quelques objets qui peuvent nous aider (un arc et quelques armes secondaires ayant des utilisations limitées) et dont l’utilisation stratégique permet de faciliter un peu les choses, mais la plupart du temps, c’est l’homme et son sabre face à l’adversité. Et elle est bien remontée l’adversité.
Côté technique maintenant, le RE Engine nous montre encore une fois sa capacité à afficher des environnements vastes et détaillés, ainsi que des personnages finement modélisés. Dans la tradition des anciens jeux, notre brave héros a l’apparence de l’acteur Toshiro Mifune, qui l’avait incarné plusieurs fois à l’écran, et, pfouhlàlà, on a fait du chemin depuis 2006, c’est sûr. Les visages monolithiques des acteurs précédemment cités conviennent aux personnages un peu figés de la PS2, mais sur Toshiro Mifune ça n’aurait pas convenu. Plus que sa modélisation, c’est sa caractérisation qui est particulièrement réussie. On reconnaît son célèbre air renfrogné, et déterminé, bien sûr, mais aussi ses mimiques, ses grimaces, bref, son jeu, mais il n’est pas le seul personnage à avoir bénéficié de ce traitement. Tout le casting a droit à une mise en scène particulièrement détaillée, et bien qu’on soit sans conteste face à un jeu vidéo, le tout fait très vivant. Bon alors, moralement, utiliser les traits d’un acteur décédé pour faire un personnage, c’est discutable, mais ils l’avaient déjà fait pour Yusaku Matsuda et c’est fait avec beaucoup de respect, et évidemment l’autorisation de ses héritiers, donc on va dire que ça passe. Côté décors et terrain de jeu, on se retrouve à arpenter un grand quartier de Kyoto, et quelques endroits célèbres de sa périphérie (comme le Kiyomizu Dera, par exemple) eux aussi parfaitement modélisés, nous permettant des changements d’ambiance et de panorama, ainsi que des visites trop peu nombreuses de la dimension des Oni, où les bâtiments flottant dans le vide et l’atmosphère bleutée offrent un peu de répit par rapport aux tons ocre et rouge du reste de l’aventure. En effet, les lieux envahis par les genma sont quasiment monochromatiques, mais une fois libérés, la couleur revient un peu, même si la dominante boue et bois est un peu trop présente à l’écran. Mais, eh, le Japon des néons, c’est 4 siècles plus tard.
C’est rouge, on va attendre que ça passe au vert !Honni mouchard
Une ambiance au top, un gameplay aux petits oignons, une technique sans faille, cet Onimusha version 2026 est donc parfait ? Question rhétorique, la réponse est donc non, le jeu n’est pas exempt de défauts. Même s’il bénéficie d’une superbe ambiance, on pourra regretter son côté un brin terne en termes de couleurs, mais c’est une décision artistique qu’on peut respecter, d’autant que lorsque les couleurs arrivent, elles ne font pas semblant, rendant le contraste alors bien plus percutant. Ensuite, le hub Kyotoïte est un poil trop grand et s’y déplacer est souvent une gageure. Malgré les points de téléportation présents un peu partout, on est tout de même un peu obligé de se balader et de farmer les âmes et les ingrédients de craft ou de résoudre des quêtes secondaires un peu nulles, ce qui ralentit un peu trop le rythme de l’aventure, mais on peut sauver des petits chiens, alors ça passe. Autre petit défaut, les ennemis manquent un peu de variété, mais ils compensent par leur dangerosité, même le soldat Genma de base peut atomiser le joueur imprudent, donc au final, comme il faut apprendre comment contrer chaque ennemi et son timing, c’est pas plus mal pour éviter trop de charge mentale sur les affrontements où ils sont nombreux. Et pour en rester sur les affrontements, on a peut-être un peu trop de combats de boss qui s’enchaînent trop régulièrement. Alors, oui, ils sont tous très bien, et les midboss proposent un challenge sans cesse renouvelé par la diversité des arènes, mais parfois c’est un peu trop. Et encore une fois, le rythme s’en ressent. Pour autant, la longueur du jeu compense ces tunnels d’affrontement par des passages de respiration bienvenus qui sonnent comme des récompenses qu’on n’aurait pas autant appréciées sans cela, comme par exemple un spectacle de Kabuki.
Ouais, bon le défaut du jeu c’est un peu : “point faible : trop fort”, mais j’ai du mal à y trouver quelque chose à redire. La caméra se fout parfois dans des endroits pas possibles, gênant un peu les combats, mais comme on peut jouer “à l’oreille”, boh, c’est vraiment pour pinailler. Oh comme le son de la parade parfaite est satisfaisant. Ah si, parfois quand même la difficulté du jeu titille vraiment les nerfs, et certains combats ont des phases un peu longues (mention spéciale à la phase 1 du dernier boss et son monologue interminable pendant une parade loupée qui m’a bien saoulé), mais avec un peu d’entraînement, et de l’abnégation, ça passe.
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<img decoding="async" alt="Avatar" src="https://gamesidestory.com/wp-content/uploads/2026/07/defaut-150x150.jpg" class="avatar avatar-64 photo gss-local-avatar" height="64" width="64" loading="lazy"> <div class="conclusion-author">Shutan</div>
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<div class="conclusion-text">Onimusha: Way of the Sword est incontestablement une réussite, tant à regarder qu’à jouer. Ils sont vraiment en feu chez Capcom en ce moment. Un gameplay de combat au cordeau à base d’attaque, parade, et esquive à maîtriser, une seule arme à tout faire, mais quelle arme ! Des personnages attachants et un scénario classique mais bien amené et bourré de rebondissements et d’émotions fortes, le tout servi par une VF de très grande qualité (et une VO qui n’a pas à rougir non plus). Un jeu qui n’oublie pas d’être un jeu, ça devient rare, alors on prépare nos doigts à faire une bonne grosse séance de gymnastique et on fonce dans le tas ! </div>
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Ici, on rase gratis
Encore un p’tit chien de sauvé !
Oui, bon, y a un arbre de compétences
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