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đŸ‡ȘđŸ‡ș Pourquoi l’Europe de l’IA doit arrĂȘter de jouer en « petite ligue » : les vĂ©ritĂ©s de VivaTech 2026 (vidĂ©o)

L'Europe de l'IA face au piĂšge du souverainisme de façade ? đŸ‡ȘđŸ‡ș À VivaTech 2026, plusieurs acteurs majeurs du secteur europĂ©en, rĂ©unis par NVIDIA, livrent un diagnostic implacable : pour gagner, il faudra impĂ©rativement libĂ©rer les modĂšles et viser le leadership mondial. Regardez l'intervention en vidĂ©o. Dans les allĂ©es bondĂ©es de VivaTech 2026, le mot...

L’Europe de l’IA face au piĂšge du souverainisme de façade ? đŸ‡ȘđŸ‡ș À VivaTech 2026, plusieurs acteurs majeurs du secteur europĂ©en, rĂ©unis par NVIDIA, livrent un diagnostic implacable : pour gagner, il faudra impĂ©rativement libĂ©rer les modĂšles et viser le leadership mondial. Regardez l’intervention en vidĂ©o.

ans les allĂ©es bondĂ©es de VivaTech 2026, le mot « souverainetĂ© » est sur toutes les lĂšvres, souvent brandi comme un bouclier magique contre les gĂ©ants amĂ©ricains et chinois. Mais derriĂšre les discours politiques lisses, Ă  quoi ressemble la rĂ©alitĂ© technique de l’indĂ©pendance numĂ©rique europĂ©enne ?

C’est la question centrale du panel trĂšs attendu organisĂ© par NVIDIA : Why sovereign AI needs Open Models?. AnimĂ© par John Ashley, architecte en chef de l’IA pour le secteur public mondial chez NVIDIA, ce dĂ©bat a rĂ©uni la fine fleur de l’écosystĂšme open source et technologique français : Michel-Marie Maudet (LINAGORA), Pierre-Carl Langlais (Pleias), Gautier Cloix (H-Company) et Neil Zeghidour (Gradium).

Loin des postures thĂ©oriques, les intervenants ont livrĂ© un compte-rendu sans concession sur le besoin d’infrastructure ouverte et le danger de l’isolationnisme technologique.

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Michel-Marie Maudet (LINAGORA) : la carte des Small Language Models (SLM) en production

Premier Ă  prendre la parole, Michel-Marie Maudet, directeur gĂ©nĂ©ral de LINAGORA, a rappelĂ© les origines d’un pari un peu fou lancĂ© en 2023 avec Pierre-Carl Langlais : entraĂźner des modĂšles vĂ©ritablement et totalement ouverts, non seulement au niveau des poids de rĂ©seau, mais Ă©galement dĂšs le jeu de donnĂ©es d’entraĂźnement.

« Les restrictions d’accĂšs aux technologies ne relĂšvent plus de la science-fiction, c’est notre rĂ©alitĂ© quotidienne », insiste Michel-Marie Maudet. « Face Ă  cela, notre stratĂ©gie ne consiste pas Ă  copier les modĂšles gĂ©ants amĂ©ricains. Nous misons sur des modĂšles plus petits, hautement spĂ©cialisĂ©s, alignĂ©s sur nos valeurs et nos langues, capables de tourner au plus prĂšs des applications. »

Cette approche pragmatique porte dĂ©jĂ  ses fruits sur le terrain de la haute sĂ©curitĂ©. LINAGORA dĂ©ploie actuellement ce type de modĂšle, combinĂ© Ă  des systĂšmes de gĂ©nĂ©ration augmentĂ©e par rĂ©cupĂ©ration (RAG) et des architectures agentiques, pour le compte du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur et de la Police nationale afin de traiter les donnĂ©es des systĂšmes les plus critiques et sensibles de France.

Pour soutenir cette ambition, Michel-Marie Maudet a annoncĂ© une Ă©tape d’infrastructure majeure : aprĂšs avoir consommĂ© plus d’un million d’heures GPU sur le supercalculateur public Jean Zay, LINAGORA sera l’une des toutes premiĂšres Ă©quipes en Europe Ă  exploiter le nouveau supercalculateur français Dahlia, basĂ© sur la nouvelle architecture Blackwell (puces GB200 d’NVIDIA), en s’appuyant sur le framework open source Nemotron.

Revoir l’intĂ©gralitĂ© du panel NVIDIA Ă  VivaTech 2026 (vidĂ©o)

Le spectre du Minitel : l’avertissement de Gautier Cloix (H-Company)

Le moment le plus saillant du panel est venu de Gautier Cloix, CEO de H-Company, la pĂ©pite spĂ©cialisĂ©e dans le computer use (des agents IA capables d’interagir directement avec un Ă©cran, un clavier et une souris comme un humain). IntĂ©grĂ©e Ă  la coalition Nemotron de NVIDIA aux cĂŽtĂ©s de gĂ©ants comme Perplexity, H-Company affiche aujourd’hui des scores d’exĂ©cution supĂ©rieurs Ă  ceux d’Anthropic ou d’OpenAI sur ce segment.

Interrogé sur la notion de souveraineté, Gautier Cloix a jeté un pavé dans la mare :

« On parle beaucoup de souverainetĂ©, mais on ne gagne que si l’on est un leader mondial. Si l’on dĂ©cide de construire quelque chose en restant cantonnĂ© Ă  la France ou Ă  l’Europe, c’est comme s’entraĂźner sans jamais aller aux Jeux Olympiques. On finit lentement par devenir un modĂšle de seconde zone. En France, nous avons eu de magnifiques innovations par le passĂ© qui ont Ă©chouĂ© car elles sont restĂ©es strictement locales. Nous avons inventĂ© le Minitel ; il est restĂ© en France. Si la souverainetĂ© devient une excuse pour jouer dans une ligue infĂ©rieure, elle ne nous sert pas. »

H-Company prouve la valeur de cette ambition globale : leurs agents axĂ©s sur l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle sont dĂ©jĂ  dĂ©ployĂ©s dans des hĂŽpitaux, parvenant Ă  diviser par deux le temps d’attente au sein des services d’urgence en libĂ©rant les soignants des tĂąches informatiques rĂ©pĂ©titives qui occupent 60 % de leur temps.

L’open source comme accĂ©lĂ©rateur de compĂ©tences

Neil Zeghidour (CEO de Gradium) et Pierre-Carl Langlais (co-fondateur de Pleias) ont complĂ©tĂ© ce diagnostic en dĂ©montrant que l’ouverture des codes et des donnĂ©es est le seul moyen pour l’Europe de rattraper son retard.

Neil Zeghidour a rappelĂ© que les plus grands modĂšles mondiaux (qu’il s’agisse de Llama de Meta ou des technologies audio de Google) ont Ă©tĂ© historiquement conçus par des chercheurs basĂ©s Ă  Paris. L’open source agit comme un aimant Ă  talents et un levier de protection commerciale : en partageant les recettes d’entraĂźnement et les modĂšles (comme le fait NVIDIA avec Nemotron), on permet Ă  tout un Ă©cosystĂšme d’innover de maniĂšre incrĂ©mentale.

De son cĂŽtĂ©, Pleias continue de structurer la couche de donnĂ©es grĂące Ă  son Common Corpus, le plus grand ensemble de donnĂ©es entiĂšrement rĂ©utilisables et libres de droits au monde. Pierre-Carl Langlais a ainsi dĂ©voilĂ© la sortie d’un modĂšle d’infrastructure d’envergure dĂ©veloppĂ© en collaboration avec la RATP pour ses systĂšmes de supervision.

Ce qu’il faut retenir en conclusion

La conclusion de ce panel sonne comme un avertissement pour les dĂ©cideurs europĂ©ens : la souverainetĂ© numĂ©rique ne se dĂ©crĂšte pas Ă  coups de subventions protectionnistes ou de repli sur soi. Elle se construira par l’adoption d’un socle technologique ouvert, auditable et transparent, capable de rivaliser sur le marchĂ© mondial dĂšs le premier jour. GrĂące Ă  des acteurs comme LINAGORA, Pleias ou H-Company, l’Europe prouve qu’elle dispose des cerveaux et de l’infrastructure pour mener cette bataille, Ă  condition de viser les sommets, et non la pĂ©riphĂ©rie.

Note de transparence : Linagora finance Goodtech.info (ex-Toolinux) depuis mai 2000.

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