RPM 6.1 débride Linux : des installations 26 % plus rapides et un cycle copié sur le noyau
Vos installations de paquets sous Linux s'apprêtent à passer la seconde. Le projet RPM a sorti cette semaine sa version 6.1 avec des gains de vitesse de 26 %, un verrouillage corrigé et un cycle de publication calqué sur celui de Linus Torvalds. Mettre à jour son système ne devrait pas être une épreuve de...
Vos installations de paquets sous Linux s’apprêtent à passer la seconde. Le projet RPM a sorti cette semaine sa version 6.1 avec des gains de vitesse de 26 %, un verrouillage corrigé et un cycle de publication calqué sur celui de Linus Torvalds.
ettre à jour son système ne devrait pas être une épreuve de patience. Le projet RPM Package Manager vient d’annoncer la publication de sa version 6.1. Derrière cette mise à jour d’apparence technique se cachent de profondes optimisations sous le capot, capables d’accélérer drastiquement le déploiement des logiciels, tout en adoptant un nouveau rythme de croisière calqué sur les habitudes de développement de Linus Torvalds.
💡 Minute geek : c’est quoi RPM au juste ?
Pour faire simple, RPM (initialement Red Hat Package Manager) est le format de fichier et l’outil de bas niveau utilisé par de nombreuses distributions Linux (comme Fedora, RHEL, openSUSE ou AlmaLinux) pour installer, mettre à jour et supprimer des logiciels. C’est la plomberie invisible sur laquelle s’appuient des commandes en ligne de haut niveau beaucoup plus connues du grand public, comme dnf ou zypper.
Moins d’attente, plus de sécurité
La nouveauté la plus satisfaisante pour les administrateurs système concerne directement les performances brutes. Sur les machines tournant sous un noyau Linux 5.11 (ou plus récent) couplé à la bibliothèque glibc 2.34, RPM 6.1 introduit une gestion beaucoup plus efficace des descripteurs de fichiers. Le résultat est immédiat : le temps d’installation des paquets chute d’environ 26 % dans certains scénarios intensifs.
L’équipe de développement en a également profité pour réparer une fâcheuse régression apparue avec la version 6.0. Jusqu’ici, les transactions bloquaient l’intégralité des requêtes vers la base de données. Désormais, le magasin de clés (keystore) dispose de son propre verrou indépendant, fluidifiant grandement les opérations parallèles.
Par ailleurs, cette itération fait marche arrière sur un choix technique controversé : les recherches d’utilisateurs et de groupes via NSS (Name Service Switch) sont de nouveau activées par défaut, annulant une restriction imposée depuis la version 4.19.
Nouveaux outils pour les mainteneurs
Les développeurs et créateurs de paquets ne sont pas en reste. Le journal des modifications (changelog) de l’outil détaille plusieurs ajouts pensés pour leur simplifier la vie au quotidien :
- Le système exporte automatiquement l’environnement de compilation dans un fichier
rpmbuild.envau sein du dossier de build, ce qui facilite grandement le débogage. - Le processeur s’enrichit de modificateurs permettant des expansions littérales ou à usage unique.
- L’outil
rpmsignaccepte enfin les jetons matériels pour signer les paquets, ouvrant la porte à des flux de travail ultra-sécurisés via des clés cryptographiques physiques ou externes.
Un calendrier de publication inspiré du noyau Linux
Pour couronner le tout, RPM change de philosophie de diffusion. Fini le versionnage hasardeux, le projet adopte le modèle de publication du noyau Linux. Les versions majeures indiqueront un changement de format de paquet, les versions mineures (qui seront plus fréquentes) apporteront des fonctionnalités sans casser la compatibilité, tandis que les versions micro se concentreront strictement sur les correctifs de sécurité.
Cette cure de jouvence est déjà sur les rails pour les distributions de nouvelle génération. Le gestionnaire a d’ailleurs été proposé comme changement global pour Fedora 45, promettant un environnement de travail toujours plus réactif aux utilisateurs de l’écosystème Red Hat.
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